Communiqué de presse



Communiqué de Presse

Exposition à la Galerie ABC du 2 avril au 3 mai 2003

Papiers tissés, mots tressés, soies entrelacées : Anne de Bodt sur « Les sentiers du non-savoir »


Au fil du temps, de fil en fil, patiemment et délicatement, dans le silence de son lumineux atelier niché dans les arbres, Anne de Bodt explore la matière et compose ses fables tissées : Le secret de la fleur d’or, Les violes enchantées, Les espaliers de la joie, L’arbre à musique, … Des entrelacs aériens de fils et de franges, de mots de poètes et de textes anciens, de signes sacrés et de notes suspendues qui nous content, tout en raffinement et en sagesse, l’empreinte d’une lecture, d’un voyage, d’une méditation.

Il faut regarder longuement, rêver et se laisser emporter : par la sereine musicalité du tissage, son pouvoir d’émotion et de mystère, la poésie des fines partitions de papiers ailés, la douce vibration des lumières. Spiritualité et joie habitent les œuvres d’Anne de Bodt qui, dans le sillage de ses Radeaux du bonheur, fragiles esquifs de brindilles aux voiles tissées, voguent vers de symboliques rivages.

Recherche et méditation au fil de la soie, du lin et du papier

Pour Anne de Bodt, le tissage revêt une dimension spirituelle. Quand les doigts tressent, l’esprit médite. « C’est seulement par la concentration et le calme que naît la véritable intuition », dit-elle. « Croiser des fils, les entrelacer a, dans toutes les cultures, souvent été une activité rituelle, symbolique. C’est une discipline qui tente d’harmoniser la diversité, d’unifier la réalité. C’est une activité qui favorise une certaine forme de méditation, elle a un pouvoir incantatoire ».

Anne de Bodt fait partie de ces liciers-créateurs contemporains engagés dans la recherche. Pour elle, le tissage est aussi une exploration, un cheminement, une longue histoire qu’elle raconte en touchant les matières, en mêlant les techniques. Elle conçoit d’ailleurs ses tissages comme des contes ou des récits d’expériences intimes.

C’est au cours de son premier voyage en Inde qu’Anne de Bodt ramène le sentiment de l’invisible intimement lié au quotidien, le choc des couleurs, le bercement de la musique. Depuis, méticuleusement, au rythme de la nécessité intérieure, elle cherche à travers le langage tissé à exprimer ce non-savoir, cet invisible qui spiritualise la matière, cette petite musique intemporelle qui anime le monde et se cache au cœur des apparences.

Si elle a choisi le papier, c’est qu’il lui permet d’aborder des thèmes d’expression plus divers que les matériaux traditionnels de la tapisserie. A son contact, calligraphies, notes de musique, lettres imaginaires, poèmes, mots anciens, traces infimes de la nature se nouent aux fils et aux fibres et deviennent écriture légère et mystérieuse.

A ses yeux, les textes intégrés dans le tissage, souvent extraits d’écrits de sages orientaux, ne doivent pas nécessairement être lus. Ils habitent la matière comme des traces de sagesse, des voiles de sacré.

La Galerie ABC présente une trentaine de ses œuvres poétiques où les fines bandelettes de messages, les fragments de paysages, les plages de papier ocre, jaune d’avril, bleu azur, blanc pétale, suspendus par une trame de fils ténus, semblent ouvrir quelques-unes de ses fenêtres de l’âme.

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« Pour dire l’œuvre d’Anne de Bodt, il faut accepter l’esprit de l’œuvre. Renoncer au temps de l’instant présent et lui préférer la durée et l’attention flottante. Au discours d’historien, emprunter la voie des courants plus légers, se laisser emporter. Il faut regarder longuement les œuvres, les apercevoir de loin, puis de plus près, se pencher et lire peut-être, moins une histoire de la tapisserie que Dante et Maître Eckhart, Maeterlinck et Green, Jung et Graf Durkheim. Il faut être seul et se laisser entourer par certains poèmes, certains haïkus, certains textes fondamentaux dont on trouve des extraits dans l’une ou l’autre pièce. Il faut aussi écouter la musique sacrée d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui, se promener avec Anne de Bodt dans le jardin, puis s’asseoir et parler. »

Guy Gilsoul (Anne de Bodt, monographie, éditions Cercle d’Art, 2001).

Les Sentiers du non-savoir

Galerie ABC
Rue Lebeau 53 (Sablon)
1000 Bruxelles
Tél. 02.511.32.53

Vernissage le 1er avril 2003 de 18 à 21 h. Présentation de Guy Toebosch à 19 h. Exposition ouverte du 2 avril au 3 mai, du mardi au samedi, de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30. Fermé les dimanche et lundi.

Dans la trame du tissage …

Jean de la Croix (1542-1591) Poète et mystique espagnol, carmélite

Je suis entré où ne savais

Ce savoir qui point ne sait
Est d’un si haut pouvoir
Que les savants, par arguments,
Jamais ne le peuvent avoir ;
Car leur savoir ne parvient pas
A point n’entendre en entendant
Toute science transcendant.

Maurice Maeterlinck (1862-1949)

Ne pas oublier que nous avons la même structure que les étoiles.
Au fond la poésie n’a d’autre but que de tenir ouvertes « les grandes routes qui mènent de ce que l’on voit à ce que l’on ne voit pas ».
Les images et les symboles sont les pierres d’attente de l’inexplicable …